Et si jamais demain, tu retirais ta main.
Et si jamais demain, on perdait le refrain.
Donnons un sourire à cet immense être bleu.
Parlons aux nuages du ciel somptueux.
De toutes nos heures, embrassons les cieux.
Je veux entendre le mat de ce vase creux.
Si jamais demain, tu gardais ta main.
Si jamais demain, s’allait le refrain.
Levons haut le mât pour que le vent l’emporte.
Le silence mourra et que le bruit le porte.
Les amarres larguées, la mer sera haute,
Et s’enfuira de mon cœur cette longue note.
Et si demain, manquait ta main.
Et si demain, plus de refrain.
Serrons fort nos mœurs, avant que sonne le faux,
Glisse le calme et la lente langueur de l’eau,
La vie se perde dans le brouillard des échos,
Et ma feuille se noie au fond de son tombeau.
Si demain, pas de main.
Si demain, le refrain.
Poussons la noix germée et l’ouïe du matamore.
Remuons l’écume du fleuve qu’on endort.
On a noué le sable aux coffres des trésors.
Je plongerai aux abîmes en reprendre l’or.
Demain, ta main.
Demain, refrain.
Nos regards abimés se croisent sans se voir.
Les racines du pin s’enfoncent sans pouvoir.
Même l’air se corrompt sur cette terre noire.
Je suis allé tarir la source du savoir.
Demain.
Demain.
Ne nous tournons plus derrière, l’allée est devant.
L’homme de la pierre aux composants. Maintenant,
L’antique barque échouée pèse sur son séant.
Je fermerai les yeux pour oublier le temps.
Main.
Main.
Tant de printemps, d’étés, d’automnes, et d’hivers,
Volés par la sécheresse de nos mystères.
Les glaciers, les fleuves, et les lacs, sont austères.
J’omets l’opaque trop sombre et retiens le clair.
Que reste-il ?