Mon beau sapin.
J'ai planté un arbre. Au soir de ma vie, j'ai enfin planté un arbre. Un petit arbre qui peut-être deviendra grand. A l'automne 2010, en prévision des fêtes de Noël et n'en pouvant plus d'utiliser chaque année un sapin en plastique, j'ai résolu de me procurer un vrai sapin. Pourquoi je me contentais jusque là d'un sapin artificiel ? Il ne me serait pas venu à l'idée d'acheter un sapin coupé pour le voir mourir chez moi. Je trouve très triste de voir ces malheureux végétaux privés de leurs racines, devenir secs et jaunes dans nos appartements ou maisons chauffées. Un sapin en plastique, ce n'est pas très beau non plus, c'est vrai mais au moins il peut supporter guirlandes et autres décorations sans souffrir. Ce dernier ayant beaucoup servi, il était temps de trouver un remplaçant.
Pourquoi pas un sapin bien vivant ? Munie d'un sac et d'une bêche, je me suis rendue dans la forêt et j'ai cherché celui qui pourrait convenir. Je n'ai pas eu de mal à le trouver. Ils sont légion les petits sapins qui poussent un peu anarchiquement dans les bois. J'ai pris soin de bien dégager le tronc et je l'ai arraché en faisant très attention de ne pas le mutiler.
A la maison, j'ai choisi un pot assez grand pour contenir la motte et avec les conseils de mon jardinier de mari, je l'ai installé confortablement dans son nouvel environnement, à l'abri des courants d'air, dans un coin ombragé du jardin. Jusqu'au mois de décembre, je l'ai entouré de mes soins et il ne m 'a pas tenu rigueur de l'avoir éloigné de son milieu naturel. A Noël, il a rempli son rôle. Cependant, je ne l'ai pas laissé trop longtemps dans la chaleur du salon. Je l'ai vite dépouillé de ses parures, placé quelques jours dans le garage afin de lui éviter tout choc thermique et vaporisé régulièrement. Puis, il a rejoint sa place à l'extérieur.
Au printemps, il a développé de fines pousses vert tendre au bout de chaque branche et durant l'année, il a quelque peu grandi. Il a encore embaumé la maison et abrité les cadeaux ce dernier Noël. Je sais que je devrai le ramener bientôt dans le bois qui l'a vu naitre et j'espère qu'il pourra mener une vraie vie d'arbre. Je lui choisirai une place privilégiée et continuerai de lui rendre visite.
Pensez-vous que ma façon d'agir relève de l'égoïsme ?