Je suis allée chercher l’eau de vie … Je crois l’avoir trouvé ! A vingt mille lieues sous les mers.
J’étais accompagnée d’un maître nageur spécialisé en faune et flore sous marine.
Il avait un corps long et souple comme une anguille, des yeux noirs à regard flottant, des oreilles à antennes et une mémoire d’éléphant.
Moi, j’avais pour tout bagage, la foi, la confiance, la folie et… des palmes pour au cas où…
Au premier plongeon, j’ai pleuré pissé de froid et de peur mais dans l’immensité de l’océan, cela ne se voyait pas, cela ne s’entendait pas non plus.
L’autre n’en avait que pour les baleines, les crocodiles et moi pour Jacques Brel quand on n’a que l’amour et ne me quitte (surtout) pas ou je crève.
Je ne suis pas morte.
Au deuxième plongeon, j’allais mieux, coté confiance.
J’étais devenue experte en nage libre papillon pour surfer du corps à l’âme, je nageais sur des petits nuages blancs roses et même gris .
En rêve, je naviguais par contre, en marche arrière croisant dans mon itinéraire, de méchants serpents de mer à dents de requins auxquels j’échappais grâce à l’autre qui d’un coup de pied au cul me propulsait à la surface.
J’ai toujours sa marque bleue sur ma fesse.
Au troisième plongeon, j’aurais pu très mal tourner quand une tempête me projeta en pleine mer. Je n’en menais pas large, les vagues s’amusaient à se foutre de ma balle en me lançant de l’une à l’autre. J’avalais des tasses que je vomissais pour mieux en gober une nouvelle venue d’ailleurs.
Pendant ce temps, l’autre sensé être ma bouée de sauvetage se gondolait, en criant fièrement : « Et voilà le travail ! »
Merci beaucoup !
J’en prenais plein la gueule .Je n’ai pas dit mon dernier mot !
L’avant dernier plongeon fut le bon. L’eau était claire et le ciel bleu.
J’avais appris désormais à calmer mon souffle et mes émotions, à garder les yeux ouverts, à ne plus craindre d’ouvrir la bouche. Une nouvelle natation animait mes jambes et mes bras me conduisant au petit bonheur vers la chance à prendre.
C’est en touchant le fond des eaux dormantes que je retrouvais des merveilles oubliées depuis longtemps dont une émeraude qui me mit la puce à l’oreille….
Depuis mon maître nageur est retourné à son port d’attache.
Quant à moi, j’ai enterré la mer morte.
Je vis dans un océan pacifique !