Je crus voir une silhouette glisser le long du mur une femme aux cheveux longs dans une chemise d'homme descendant du perron.
J'étais là buvant un dernier café sous le tilleul, profitant du calme et de la fraîcheur de la nuit d'été.
J'ai souri et envié sa jeunesse et sa beauté, toute cette fougue qui se dégageait de son attitude pleine d'envie.
J'étais là buvant un dernier café sous le tilleul, seule avec la lune, les étoiles et les grillons pour toute compagnie, face à la maison, notre maison de famille.
Cette maison a des pouvoirs magiques qui rendent amoureux ses habitants... ça commence dès 10 ans par des amourettes enfantines qui se terminent d'ailleurs souvent dans le tilleul, pas celui-là mais l'autre plus loin où une petite cabane a été construite à l'intention des enfants... ils en ont fait leur repaire et c'est devenu leur lieu de rendez-vous où les garçons offrent à leur bien-aimée de l'été, les fameuses madeleines de Fernande la cuisinière...
Ce temps est loin, mais je vois que rien n'a changé et ça me fait finalement bien plaisir de voir que cette maison continue à vivre avec la 4ème génération dans la même famille, à voir dès que les beaux jours reviennent, les enfants courir dans le parc, se chamailler, rentrer affamés les joues rougies d'avoir couru toute la matinée.
J'en suis là dans mes pensées quand la fenêtre du salon s'éteint, je suis des yeux les mouvements et les lumières, le patio, l'escalier, et la chambre du premier qui s'allume maintenant. Il va se coucher.
Et si j'allais le rejoindre dans sa chambre moi aussi...
modifié sur les conseils pertinents de l'administratrice ! merci