Le sens du vent dans mon désert est tellement hasardeux. Je pourrais vous raconter mon univers, je ne sais même pas quand je suis née. Ni où. Et encore moins pourquoi. Pourtant j'ai marché, glissé, roulé même. Loin, tout près, au bord des ravins, au pied des montagnes, à l'orée des forêts, comme guidée par une volonté obscure, un destin dont je ne décidais rien.
Aujourd'hui je n'ose me retourner et regarder les traces que je laisse de mon histoire. Je plane sur un lac de sable, dévastant les signes du temps, tirant deux traits sur le vide autour de nous. Seule. Je m'éloigne de mes sœurs, je ne les aime pas. Elles me ressemblent tellement. Trop. Je ne veux pas me voir en elles.
Je suis partie de loin et j'ai suivi ma route. Je vous la montre lisse et sans embuche, par fierté ? Par peur ? Par honte ? Pour faire semblant et fuir. Aller au-delà du temps, au-delà des images et vivre seule dans cet élément qui est le mien. Au gré du vent et de mes pas, au gré de mes envies et de mon appétit.
Je l'aime ce chemin, pourvu qu'il soit égal encore et encore, qu'il simule ce dont j'ai toujours rêvé. Le calme et la paix.